Livre Blanc contre l’illectronisme

En 2018, le syndicat de la presse sociale* a mis en lumière un problème évident lié à l’accélération des nouvelles technologies et à l’accès aux informations numériques.


C’est la raison pour laquelle le Syndicat de la Presse Sociale a créé, en lien avec des intervenants du monde numérique, un livre blanc contre l’illectronisme.

C’est Philippe Marchal, président du Syndicat de la Presse Sociale, qui, lors d’une récente conférence de presse à l’Agence ESCAL Consulting, a présenté en exclusivité ce livre blanc en présence des experts-contributeurs. (ANLCI, Assemblée Nationale, Avenir santé, CESE, CNAF, CNNum, CSA Research, Demain A.I., DGCS, DINSIC, Orange, Pôle emploi, UFC Que Choisir, Université Lumière – Lyon 2, Wexperience…)

Mais d’abord qu’est-ce que l’illectronisme ?

C’est un terme utilisé pour définir l’illettrisme numérique c’est-à-dire la difficulté à utiliser Internet dans la vie de tous les jours.
Un état des lieux a montré qu’un adulte sur cinq n’utilise pas d’outil numérique ou abandonne en cas de difficulté.

Les chiffres

Un adulte sur trois déclare avoir renoncé à réaliser une tâche parce qu’il fallait utiliser internet et qu’il ne le pouvait pas (selon une enquête du CSA).

ILLECTRONISME INFOGRAPHIE ZENITUDE PROFONDE LE MAG

On est confronté à de fortes inégalités sociétales, sociales et démographiques.

On remarque que les personnes âgées sont les plus en difficulté quand il s’agit d’entreprendre des démarches
administratives via Internet, à contrario des jeunes dits « digital native » (expression désignant une personne qui a grandi dans un environnement numérique).
Il est clair que le numérique progresse de pair avec l’apprentissage tout au long de la vie. Il est évident que si on suit une formation utilisant les outils numériques : on se sent plus à l’aise à contrario de métiers qui ne nécessitent pas forcément d’outils du web.

La quasi-totalité des Français âgés de plus de 40 ans n’a pas bénéficié de formation ou d’initiation aux usages de base du numérique lors de sa scolarité obligatoire.

Pourtant en 2018, une personne sur trois de cette tranche d’âge accepte de suivre une courte formation gratuite quand elle rencontre des difficultés à l’usage du numérique, tandis que près de la moitié sollicite l’aide de quelqu’un.
Il est clair qu’il faut décloisonner l’accessibilité numérique pour accompagner les abandonnistes et illectronistes vers une certaine autonomie numérique.
La fracture numérique n’est plus d’actualité car 90% de la population est équipé d’un appareil numérique mais on assiste à de plus en plus à un manque d’aisance quant à l’usage d’Internet et de ses outils. On remarque du coup un certain isolement numérique et un découragement face à la dématérialisation de nombreux services.

Ainsi pour créer une confiance en ligne il serait souhaitable de :

  • Mieux communiquer sur les différents acteurs de la sécurité sur Internet
  • En faire une volonté d’éducation comme il existe une éducation à l’image
  • Découvrir les actions de Internetsociety.org
  • Créer un service d’application de proximité d’entraide pour l’accès aux services
    dématérialisés.

La dématérialisation administrative fait peur, c’est vrai.  Mais une partie de la population est très active dans l’accès numérique de ces démarches. On assiste donc à un déploiement de la couverture haut débit et un accompagnement vers celle-ci, des formations numériques grâce à un pass qui va être mis en place par le gouvernement dans les mois à venir comme l’a déclaré la députée des Yvelines et la présidente du groupe d’études consacré à l’illettrisme et à l’illectronisme à l’Assemblée nationale : Béatrice Piron.

D’ici 2022, l’État veut assurer 100% des démarches administratives accessibles en ligne, y compris par le mobile ; au moins 3 000 nouvelles démarches administratives au total pourront être numérisées, dont 500 dès 2019.

On constate que les freins pour l’accès au numérique sont souvent :

  • Le manque d’intérêt
  •  La peur du piratage et du monde numérique
  • Les difficultés d’usage d’Internet

Les éventuelles solutions pourraient être :

  • Les Espaces publics numériques
  • Les maisons de service au public (MSAP)
  • Les points information médiation multiservices
  • Emmaüs Connect
  • Les chèques culture numérique pour tous
  • Google a lancé des ateliers de formation
  • La formation dans sa globalité

Il est important de toucher les publics les plus éloignés que ce soit en terme d’handicap ou d’exclusion sociétale.

Philippe-Marchal-président -Syndicat-Presse-Sociale

Quand Philippe Marchal, président du Syndicat de la Presse Sociale tirait la sonnette d’alarme…

Il convient alors de se pencher sur une stratégie d’accompagnement vers tous…

Les technologies issues de l’apprentissage numérique peuvent contribuer à la lutte contre l’illectronisme en France, comme par exemple :

  • Promouvoir toutes les formes d’interactions vocales
  • Les technologies vocales accessibles pour les citoyens et les entreprises
  • L’intelligence artificielle
  • Le développement de l’ux design (travailler sur les interfaces et l’accès au plus simple et
    direct sur un site internet)

Un sujet complexe mais où se sont fortement engagés le gouvernement et le syndicat de la presse sociale pour développer au mieux l’accès au numérique pour tous.

Infos pratiques

Télécharger le Livre blanc « contre l’illectronisme »

(*) À propos du Syndicat de la presse sociale

Le Syndicat de la presse sociale (SPS) rassemble plus de quatre-vingts éditeurs (associations, coopératives, mutuelles, syndicats…) afin de représenter, défendre et promouvoir l’information sociale. Le SPS compte au total une centaine de publications offrant à ses 20 millions de lecteurs une très grande variété de périodicités, de moyens mis en œuvre et de tirages. Par ailleurs, il offre à ses éditeurs des services personnalisés (information et formation générale ou thématique, conseil et assistance juridique, technique, administrative, fiscale…) et assure leur représentativité auprès des ministères et administrations de tutelle (CPPAP,CCIJP…).

Site: sps.fr
Twitter: @PresseSociale

Maxime Patrault

Article de notre chroniqueur Maxime PATRAULT

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