Maryse Condé, dont l’oeuvre prolifique n’a pas fini de nous séduire ajoute un nouveau prix littéraire à une liste déjà longue .

Le Prix mondial Cino Del Duca est destiné à récompenser et à faire mieux connaître un auteur français ou étranger dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message d’humanisme moderne.

C’est l’écrivain Maryse Condé qui, cette année, a été choisie par le jury pour l’ensemble de son oeuvre.

Depuis sa création, le Prix mondial Cino Del Duca a récompensé Jean Anouilh (1970), Léopold Sédar Senghor (1978), Jorge Luis Borges (1980), Mario Vargas Llosa (2008), Patrick Modiano (2010), Kamel Daoud (2019), Joyce Carol Oates (2020) pour ne citer qu’eux.


Madame Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française a souligné l’intérêt de l’œuvre de Maryse Condé dont le travail permet de mieux comprendre le débat historique sur la colonisation.

L’attribution en 2018 du Nouveau prix académique de littérature, prix Nobel alternatif, avait également souligné la dimension post coloniale de son œuvre.

Maryse Condé est née à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le 11 février 1934

Elle est choisie pour préparer au Lycée Fénelon de Paris le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure. Elle épousa en 1958 le comédien guinéen Mamadou Condé. En 1959 elle part pour le collège de Bingerville en Côte d’Ivoire.

Puis, en 1960 pour enseigner le français au Ghana. Lors du coup d’état en 1966 et après un court séjour en prison, elle est déportée à Londres où elle travailla au service français de la BBC.
En 1969 elle est affectée au lycée Gaston Berger à Kaolack au Sénégal où elle rencontre Richard
Philcox, qui deviendra son deuxième mari et traducteur.

En 1970 Maryse Condé retourne en France

… et travailla à Présence Africaine tout en entamant un doctorat de littérature comparée sous la direction du professeur René Etiemble.
En 1975, elle obtient à la Sorbonne Nouvelle un doctorat en littérature comparée.

L’année suivante elle publie son premier roman, Heremakhonon (1976), réédité plus tard sous le titre En attendant le bonheur.

En 1986 elle reçoit le Grand prix littéraire de la Femme pour son roman Moi, Tituba sorcière Noire de Salem

En 1989 elle s’envole pour les Etats-Unis …

à l’invitation de l’Université de Berkeley pour enseigner la littérature francophone. Elle est invitée à enseigner aux universités de la Virginie, du Maryland, de Harvard et de Columbia où elle créera le Centre d’Études Francophones.

Le prix Marguerite-Yourcenar lui est attribué en 1999 pour son roman Le cœur à rire et à pleurer. Un écrit autobiographique qui évoque son enfance.


En 2004, Maryse Condé devient la première Présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage.

En 2005, elle quitte Columbia – où elle est Professeur émérite – et se retire à Gordes en Provence.
Son roman Ségou est devenu un best-seller lors de sa parution en 1984.


Victoire, les saveurs et les mots reçoit le Prix Tropiques en 2006.

En 2012 elle raconte sa vie en Afrique dans La vie sans fards, suivi du Fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana paru en 2017.
En 2015 elle est sélectionnée pour le Man Booker International Prize à Londres et en 2018 elle
est couronnée par le New Academy Prize qui remplace cette année-là le Prix Nobel de Littérature.
Elle est promue Officier de la Légion d’Honneur en 2015 et décorée Grand-Croix de l’Ordre
National du mérite en 2020 par le président de la République, Emmanuel Macron.


« Je ne me préoccupe pas seulement d’écrire de belles histoires. Je n’écris pas seulement pour divertir le lecteur bien que l’humour et la dérision soient mes armes principales. J’ai vécu dans des pays où les dirigeants ne se souciaient pas de leurs peuples et où ceux-ci étaient privés de tout.
Aussi à travers mes livres, je tente d’imaginer un monde meilleur, plus tolérant. Je rêve du temps
où la terre sera enfin ronde.

J’écris, comme j’aime à le dire, en Maryse Condé car pour moi un écrivain n’a pas de langue
maternelle.
J’écris comme dit un autre écrivain antillais, le Martiniquais Édouard Glissant,
en présence de toutes les langues du monde.
J’essaie de composer à chaque fois l’idiome qui
conviendra le mieux à mes rêves et à mes aspirations
». Maryse Condé

Prix et distinctions littéraires
1987 – Grand prix littéraire de la Femme : prix Alain-Boucheron, pour Moi, Tituba sorcière…
Noire de Salem
1988 – Prix Anaïs-Ségalas de l’Académie française, pour La Vie scélérate
1988 – Prix LiBeratur (Allemagne), pour Ségou : Les Murailles de terre
1993 – Prix Puterbaugh, pour l’ensemble de son œuvre
1994 – 50e grand prix littéraire des jeunes lecteurs de l’Île-de-France, pour Moi, Tituba, sorcière
noire de Salem
1997 – Prix Carbet de la Caraïbe, pour Desirada
1998 – Membre honoraire de l’Académie des lettres du Québec
1999 – Prix Marguerite-Yourcenar, pour Le Cœur à rire et à pleurer
2001 – Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres de la France
2003 – Grand prix Metropolis bleu
2004 – Chevalier de l’ordre national du mérite (France)
2005 – Hurston/Wright Legacy Award (catégorie fiction), pour Who Slashed Célanire’s Throat?
2006 – Certificat d’honneur Maurice Gagnon du Conseil international d’études francophones
(CIEF)
2007 – Prix Tropiques, pour Victoire, les saveurs et les mots
2008 – Trophée des arts afro-caribéens (catégorie fiction), pour Les Belles Ténébreuses
2009 – Trophée d’honneur aux Trophées des Arts Afro-caribéens, pour l’ensemble de son œuvre
2010 – Grand prix du roman métis, pour En attendant la montée des eaux
2011 – Grand officier de l’ordre national du mérite (France)
2012 – Prix Fetkann de la mémoire, pour La vie sans fards
2015 – Officier de la Légion d’Honneur
2018 – Prix de la Nouvelle Académie ( le « Nobel alternatif » 2018), pour l’ensemble de son œuvre
2020 – Grand-Croix de l’ordre national du Mérite (France)

PERPÉTUER, SOUTENIR, ÉCLAIRER


Créé en 1795, l’Institut de France a pour mission d’offrir aux cinq académies un cadre harmonieux pour travailler au perfectionnement des lettres, des sciences et des arts, à titre non lucratif.
Grand mécène, il encourage la recherche et soutient la création à travers la remise de prix, de bourses et de subventions (près de 25 millions d’euros distribués chaque année par le biais de ses fondations abritées).
Placé sous la protection du président de la République, il est également le gardien d’un important patrimoine, à commencer par le Palais du quai de Conti, quatre bibliothèques dont la bibliothèque Mazarine, ou encore de nombreuses demeures et collections qui lui ont été léguées depuis la fin du XIXe siècle.
Parmi elles se trouvent le château de Chantilly, le domaine de Chaalis, le musée Jacquemart-André, le château de Langeais, le manoir de Kerazan ou encore la villa Kérylos.

Créée en 1975, la Fondation Simone et Cino Del Duca est abritée à l’Institut de France depuis 2005. Elle œuvre en France et à l’étranger dans le domaine des arts, des lettres et des sciences par le moyen de subventions et de prix attribués chaque année sur proposition des académies.

La Fondation décerne annuellement quatre Grands prix :

Le prix mondial Cino Del Duca (200 000 euros), remis à un auteur dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message d’humanisme moderne.

Le Grand prix scientifique (275 000 euros), récompense un chercheur français ou européen et son équipe, présentant un projet de recherche ambitieux sur un thème prometteur précisé chaque année (ainsi que trois subventions scientifiques de 125 000 euros chacune et un prix de cancérologie de 15 000 euros).

Le Grand prix d’archéologie (150 000 euros), le plus important dans ce domaine, remis sur proposition de l’Académie des inscriptions et belles-lettres est destiné à aider au rayonnement de l’archéologie française en France et à l’étranger.

Le Grand prix artistique (100 000 euros), attribué sur proposition de l’Académie des Beaux-Arts, récompense l’ensemble d’une carrière d’un artiste de dimension internationale, alternativement dans les domaines de la peinture, la sculpture ou la composition musicale.

Membres du jury
Le jury est composé de 14 membres dont une majorité de membres de l’Institut de France : 4
membres de l’Académie française, 2 membres des quatre autres Académies et 2 personnalités
extérieures. Le Secrétaire perpétuel de l’Académie française en est le président.
— Mme Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française
— Mme Dominique Bona, de l’Académie française
— M. Rémi Brague, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
— M. Yves Coppens, membre de l’Académie des sciences
— M. Adrien Goetz, membre de l’Académie des beaux-arts
— M. Nicolas Grimal, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres
— M. Gilbert Guillaume, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
— Mme Muriel Mayette-Holtz, membre de l’Académie des beaux-arts
— M. Bernard Meunier, membre de l’Académie des sciences
— M. Jean-Noël Robert, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres
— M. Daniel Rondeau, de l’Académie française
— M. Jean-Marie Rouart, de l’Académie française
— M. Nicolas Baverez, personnalité extérieure
— Mme Véronique Morali, personnalité extérieure

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