En toile de fond, Paris, dans les années 1930 / 1960 …

LE BEL INDIFFÉRENT

Adapté et mis en scène par Patricia Piazza

D’après le texte de Jean Cocteau

Jean Cocteau a écrit cette pièce spécialement pour Edith Piaf qu’il admirait. Elle l’interprète en 1940 aux Bouffes Parisiens où Paul Meurisse lui donnera la réplique (enfin façon de parler…)

Le Bel Indifférent fut adapté à plusieurs reprises au cinéma et à la télévision.

C’est l’adaptation de Patricia Piazza que nous sommes allés découvrir dans la petite salle intimiste du théâtre du Nord Ouest .

Une mise en scène remarquable dans laquelle les deux comédiens – Patricia Piazza et Rémi Picard incarnent à la perfection le rôle des deux amants qui ne se rejoignent plus.

Le Bel Indifférent, une pièce d’amour…

Un huis clos.

L’action se déroule, pendant les années 60, dans une chambre vétuste d’un hôtel parisien de seconde zone.

Un décor sordide.

Une lumière blafarde – qui rappelle celle du cinéma en noir et blanc – un vinyle qui tourne sur un vieux tourne-disques. Au son d’une reprise de jazz du célèbre morceau «La vie en rose» d’Edith Piaf.

Le Pitch :

Andréa, chanteuse des cabarets de la nuit, est éperdument amoureuse d’Emile, un cavaleur, pilier de boites de nuit, bourreau des cœurs presque malgré lui. Émile se détache de cette liaison, désabusé, entre alcool, lassitude et ennui.

Le temps a accompli son œuvre d’usure dans ce couple. Il ne reste que cet amour désespéré qu’Andréa nourrit pour son amant.

On assiste à l’expression du désespoir de cette femme, anéantie par la douleur et la peur de l’abandon, prête à tout accepter, quitte à se perdre elle même.

La lenteur du début de la pièce laisse place petit à petit à une accélération débridée…

Notre avis : Extraordinairement dramatique !

Les monologues d’Andréa (Patricia Piazza), désespérés et pathétiques viennent s’échouer sur la falaise du mutisme exaspéré et cynique d’Emile.

Mais voilà qu’à un moment de la pièce, cette carapace de « Bel indifférent » s’ébrèche…

Andréa est sortie. Emile est seul. C’est la seule fois qu’il parle… Un monologue « intérieur extériorisé » qui dévoile une facette de sa personnalité à laquelle on ne s’attendait pas… Découverte inattendue et surprenante qui nous ébranle et le ferait presque prendre en pitié !

Mais l’intermède est bref car Andréa revient. Plus acharnée et désespérée que jamais. Et Emile se replonge dans cette indifférence horripilante, matérialisée par ce journal ostensiblement étalé qui les sépare…

Et jérémiades et réflexions acerbes fusent de plus belle … jusqu’à quand ?

Patricia PIAZZA et Rémi PICARD : un duo hors du commun !

Emile (Rémi Picard)

Emile (Rémi Picard) est « parfaitement imperturbable ». Ce mutisme dédaigneux qu’il oppose à l’agressivité verbale d’Andréa … quel jeu d’acteurs sublime !

Andrea (Patricia Piazza)

Et Andréa (Patricia Piazza)! Elle inspire un mélange de sentiments ambigus: pitié, compassion, agacement même même parfois aussi. On a envie de la secouer et de lui crier « Mais enfin, tu ne vois pas qu’il n’en vaut pas la peine, qu’il ne t’aime plus ?  » Mais on a juste après une irrésistible envie de la consoler…même si on voit bien que c’est peine perdue.

Car finalement, il faut bien se rendre à l’évidence : cette situation, aussi insupportable pour l’un que pour l’autre, ne saurait durer éternellement…

Jean Cocteau admirait passionnément Edith Piaf et se la représentait en tragédienne sur une scène de théâtre. J’ignore si la représentation du Bel Indifférent au théâtre des Bouffes-Parisiens en 1940 avec Edith Piaf et Paul Meurisse fut exceptionnelle mais je sais que celle que nous avons vue en 2021 au Théâtre du Nord Ouest l’était!

Un grand bravo à Rémi Picard et à Patricia Piazza (dont j’admire d’autant plus le courage que je sais qu’elle tvient de traverser une terrible épreuve).

J’espère que cette pièce reviendra très vite sur les scènes parisiennes. Je vous le dirai !

On change totalement de genre avec la comédie MAIN BASSE SUR LE MAGOT qui revient au Théâtre du Funambule.

Une comédie déjantée dans le Paris des années 30 !

Le Pitch

Paris, années 1930, dans le monde des petites fripouilles. Le gus de Loulou est à l’ombre. Pour croûter propre, il lui faut de l’oseille, du flouze, du pognon. D’autant qu’il en doit un paquet à la bande de Pierrot qu’est pas loin de lui faire la peau. Mais Loulou est raide dingue.

Par chance, Paul, qui en pince pour elle, turbine dans une petite bijouterie.

C’est l’occase du casse rêvé. D’un fric-frac de derrière les fagots. Mais Jo, l’acolyte de Loulou, qu’a pas le gaz à tous les étages, nous promet pas le casse du siècle, mais au moins le casse du soir…

Et puis la Mère Mercandieux, bijoutière de père en fifille, est pas prête à laisser ses bijoux à cette bande de voyous… D’autant que Paul ne va pas se laisser conter fleurette trop longtemps.

Alors attention, va y’avoir du grabuge !

Le ton est donné !

Rien que le pitch et je suis certaine que vous avez envie d’y aller! Alors quand je vous dirai que TOUS les comédiens sont excellents ! Plus vrais que nature…

Prenez par exemple, la môme Loulou (Mathilde BOURBIN), jolie comme un coeur qui manie à merveille cet argot parisien des années 30 avec la gouaille qui va bien… ou Jo (Arnaud CASSAND) l’homme de main pas fut’fut qui fait régulièrement tout foirer…

Ah oui il y a aussi la Mercandieux (Marité BLOT) héritière de la bijouterie familiale, une femme entre deux âges (enfin, plutôt proche du deuxième que du premier) qui entrainerait bien Paul (JULIEN HÉTEAU) dans son lit…

 » Main basse sur le magot » Julien Héteau, Marité Blot ©2019 studio Edouard Curchod; tous droits réservés

Vous voyez bien que Main Basse sur le magot c’est de la rigolade à tous les étages !

Je ne vous en dis pas plus, allez-y !

Infos Pratiques

MAIN BASSE SUR LE MAGOT

THÉÂTRE LE FUNAMBULE MONTMARTRE

Du 12 août au 31 décembre 2021

Du mercredi au samedi à 19h ou 21h (en alternance une semaine sur deux)

Les dimanches à 16h

(Relâches les 26 septembre, 6 novembre, 24 et 25 décembre)

une comédie de ARNAUD CASSAND
librement inspirée de l’oeuvre d’Edouard Bourdet
mise en scène JACQUES DECOMBE
assisté de TIMOTHÉE LORIDON
distribution ARNAUD CASSAND, MARITÉ BLOT,

en alternance MATHILDE BOURBIN ou ARIANE BROUSSE,

en alternance JULIEN HÉTEAU ou BERTRAND GONCALVES

Musiques originales de VINCENT PREZIOSO
accordéon ERIC BOUVELLE
costumes de CHANTAL HOCDÉ
décors de JEAN-LUC TAILLEFERT
durée 1H40
Une production Théâtre le Funambule Montmartre
En coproduction avec le Théâtre Montreux Riviera (Suisse)

Réservations en ligne ou par téléphone au 01 42 23 88 83

Pass sanitaire obligatoire.

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