Une expo délicieusement classique!

Le Musée du Luxembourg est de ceux dont les expositions ne déçoivent jamais!

Après ALPHONSE MUCHA , les NABIS et tant d’autres peintres reconnus, c’est la Peinture Anglaise de Reynolds à Turner qui s’y invite pour quelques mois.

L’exposition L’Âge d’or de la peinture anglaise s’ouvre par la confrontation des deux peintres – Thomas Gainsborough et Joshua Reynolds – à travers des portraits en pied et des études intimistes, à la ressemblance frappante :

Notables, membres de la famille royale ou personnalités …

Les ambitions intellectuelles et références historiques de Reynolds (qui fut le premier président de la fondation de la Royal Academy of Arts) contrastent alors avec l’instantanéité et l’aisance picturale de Gainsborough.

L’Âge d’or de la peinture anglaise – Musée du Luxembourg – 11 septembre 2019 – 16 février 2020 - zenitudeprofondelemag.com

Joshua Reynolds, L’honorable Miss Monckton, 1777-1778,  Huile sur toile ©Zenitudeprofondelemag.com

Thomas Gainsborougn, Lady Bate-Dudley, vers 1787, Huile sur toile ©Zenitudeprofondelemag.com

Thomas Gainsborougn, Lady Bate-Dudley, vers 1787, Huile sur toile ©Zenitudeprofondelemag.com

À eux deux, Thomas Gainsborough et Joshua Reynolds ont redéfini l’art britannique et ont hissé la nouvelle génération vers de nouveaux sommets.

Leur influence durable est ensuite explorée à travers une sélection de portraits majeurs réalisés par leurs concurrents directs ou par leurs disciples, attirés pour la plupart par la nouvelle Royal Academy, notamment John Hopper, William Beechey et Thomas Lawrence.

John HOPPNER, Jane Elizabeth comtesse d'Oxford, 1797, Huile sur bois ©zenitudeprofondelemag.com

John HOPPNER, Jane Elizabeth comtesse d’Oxford, 1797, Huile sur bois ©zenitudeprofondelemag.com[gallery columns="2" size="medium" ids="69174,69175"]

Soutenue par le roi, mais aussi et surtout par les acteurs du commerce et de l’industrie, la peinture britannique s’épanouissait dans une diversité de styles, qui fut alors perçue par les contemporains comme le signe d’un âge d’or artistique.

Sont ensuite abordés des thèmes alors en vogue comme celui de la lignée, de la famille et du foyer dans les portraits et la peinture de genre.

L’époque a vu naître un nouveau regard sur l’enfance, caractérisé par des accents intimes et une apologie de la décontraction. Les représentations de la famille et de l’innocence enfantine illustrent alors une nouvelle compréhension de la nature et de l’émotion.

La section suivante développe ce thème en s’intéressant aux peintures représentant la vie de tous les jours, en particulier la vie rurale. D’importants travaux de Gainsborough (dans son rôle préféré de peintre paysagiste), de George Stubbs et de George Morland montrent la nouvelle attention portée au pittoresque, alors que l’extraordinaire portrait de Reynolds, The Archers (Les Archers), met le concept de nature sauvage au service d’une nouvelle image héroïque de la classe dirigeante britannique.

Une section plus resserrée illustre ensuite la présence de la Grande-Bretagne en Inde et dans les Antilles, rappelant que le progrès artistique et culturel du pays était, essentiellement, fondé sur l’exploitation politique et commerciale de territoires outre-mer.

L'AGE D'OR DE LA PEINTURE ANGLAISE DE REYNOLDS A TURNER - enitudeprofondelemag.com

Agostino Brunias, Scène de danse dans les caraïbes, 1764, 1796, Huile sur toile – L’AGE D’OR DE LA PEINTURE ANGLAISE DE REYNOLDS A TURNER – zenitudeprofondelemag.com

Une sélection d’œuvres sur papier montre parallèlement l’essor formidable en Angleterre d’une autre forme d’expression picturale : l’aquarelle, qui permet à de nombreux d’artistes de se faire remarquer, tout en répondant au besoin d’une nouvelle société d’amateurs.

Reynolds, en tant que Président de la Royal Academy, définit de nouvelles ambitions pour l’art britannique, centrées sur la peinture d’histoire, seul genre permettant à un artiste de s’accomplir pleinement, même s’il constatait lui-même que les mécènes étaient rarement enclins à soutenir ce genre si noble.

Intention scénographique par Jean-Paul Camargo – Saluces

Le principe de cette scénographie repose sur l’évocation des pièces d’une demeure anglaise, avec ses salles en enfilade, selon une perspective nette. Une approche qui ne repose pas pour autant sur l’imitation ou la volonté de reconstituer un décor d’époque.

Aussi, les volumes dessinés sont simples, les lignes contemporaines et revisitent le goût anglais, sans fioritures, ni ornementation, de manière à mettre en valeur peintures et dessins.

Les cimaises sont agrémentées de canapés de couleur, permettant de faire ressortir les œuvres.

Chaque section est ainsi colorée, selon la thématique arrêtée.

L'AGE D'OR DE LA PEINTURE ANGLAISE DE REYNOLDS A TURNER  - enitudeprofondelemag.com

L’AGE D’OR DE LA PEINTURE ANGLAISE DE REYNOLDS A TURNER – © zenitudeprofondelemag.com

La gamme de couleurs a été choisie en s’inspirant de la décoration des habitations anglaises. Ces couleurs sont volontairement franches, voire acidulées, de manière à apporter sensibilité et tonalité, et accrocher la lumière.

Cette exposition est vraiment magnifique et je ne saurais que trop vous inviter à vous y rendre.

Prévoyez du temps car il serait dommage de ne pas s’arrêter sur chacune de ces toiles exceptionnellement prêtées par la Tate …

Et d’ailleurs, pourquoi ne pas en profiter pour découvrir l’une des terrasses les plus secrètes de Paris, la Table du Luxembourg dont je vous parlais dans cet article?)

Crédits photos ©zenitudeprofondelemag.com

INFOS PRATIQUES

L’Âge d’or de la peinture anglaise de Reynolds à Turner

Musée du Luxembourg  du 11 septembre 2019 au 16 février 2020

commissariat : Martin Myrone, conservateur en chef, Tate Britain
commissaire associée pour la présentation de l’exposition à Paris : Cécile Maisonneuve, docteur en histoire de l’art, conseiller scientifique à la Réunion des musées nationaux – Grand Palais
scénographie : Jean-Paul Camargo – Saluces

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