Le Grand Palais invite l’artiste colombienne Diana Velásquez à présenter son œuvre sur les colonnes de sa façade avenue Winston Churchill.

Composée de 10 toiles de 5 m de haut par 2 m de large

… l’ATTENTE met en scène une file de personnes âgées qui attendent.

All rights reserved © Diana Velasquez

Chacune se trouve à une distance – matérialisée par l’espace entre deux colonnes – de celle qui la précède. 

« Cette œuvre cherche à faire réfléchir à quel point la pandémie a mis en lumière la précarité dans laquelle nous nous trouvons tous, mais qui atteint d’abord les plus faibles. Martin Luther King disait « Il est possible que nous soyons tous arrivés dans des embarcations différentes, mais maintenant nous sommes tous dans le même bateau ». Ce projet veut remettre en mémoire certains des passagers de notre bateau, les personnes âgées, et l’attente qu’ils affrontent au milieu d’une grande incertitude, et dans beaucoup de cas, d’une grande solitude. », Diana Velásquez.

Après l’intervention de Sammy Baloji avec ses deux sculptures monumentales dans le cadre d’Africa 2020…

… et celle de Nayel Zeaiter avec une fresque qui raconte l’histoire du Grand Palais sur la palissade de chantier, l’installation de Diana Velásquez permet à ce monument républicain de faire écho aux questions les plus urgentes, les plus contemporaines, préfigurant ainsi l’ambition artistique du nouveau Grand Palais, avec des créations qui se déploieront à l’intérieur comme à l’extérieur.

L’attente © Diana Velásquez

« Le Grand palais ne doit pas se laisser enfermer dans le passé. Il est important de transmettre l’histoire mais il faut aussi résolument se tourner vers les générations futures et les questions qu’elles portent, qui sont aujourd’hui globales. Le travail sur l’héritage colonial de Sammy Baloji, celui sur l’attente de Diana Velásquez, nous parlent des crises sociales partout dans le monde. Après Bogota, puis Gijón en Espagne, l’œuvre de Diana est mise à l’échelle d’un monument qui devient lui-même récit, comme l’avaient voulu ses créateurs en l’ornant de fresques et de sculptures. »,

Chris Dercon

Diana Velásquez est née en 1978 à Bogota. Elle vit et travaille aujourd’hui à Madrid, après avoir étudié les arts plastiques en Colombie et à New-York. Ses œuvres qui utilisent différents médias, interrogent la réalité des efforts qui sont faits pour atteindre le bien commun, et notamment la profonde fracture du consensus social et la montée d’une démagogie qui cherche à édulcorer les tensions plutôt qu’à les apaiser. Elles narrent les mésaventures de ce qu’on appelle le progrès.

« Attendre et faire la queue, sont des phénomènes qui sont allés s’amplifiant au fur et à mesure que le bien-être des citoyens s’est trouvé remis en cause. Les longues files d’attente montrent les difficultés de la société pour faire face aux problématiques sociales, économiques, sanitaires : ce sont des horloges arrêtées à l’intérieur desquelles sont lancées, non seulement les efforts concrets de ceux qui attendent, mais aussi leurs aspirations, leurs angoisses, leurs désirs.

Malheureusement, l’attente ne se définit pas comme le temps que prend la solution pour arriver, mais plutôt comme une frontière indéterminée qui nous sépare de l’aboutissement heureux que nous espérons.
La société contemporaine s’est habituée à attendre et à faire des queues, longues parfois de plusieurs jours, pour accéder non pas à des services, ou à une démarche administrative, mais simplement pour manger ou acheter à manger, pour fuir de la guerre, demander asile, ou d’autres nécessités qui conditionnent la survie de l’individu. L’attente met à l’épreuve notre résistance, c’est un mécanisme qui inévitablement se met en place dès qu’il y a une impossibilité d’être proactif dans la situation.

La pandémie actuelle a constitué une rupture dans notre condition et notre bien-être. La population entière, sans distinction de race ou d’âge, a été mise en échec, car rien ne permettait d’esquiver.
Nous avons dû attendre des informations, des nouvelles, des avancées, des mesures, des politiques, et maintenant un vaccin. Nous avons dû attendre, confinés, c’est-à-dire sans possibilité de faire, ni d’interagir au-delà de notre groupe nucléaire.

Nous avons et continuons d’avoir une attente consciente que le nouvel ordre ne nous fasse pas disparaitre. » Diana Velásquez

LA ESPERA DIANA DE VELASQUEZ
All rights reserved © Diana Velasquez

Le travail de Diana Velásquez a été sélectionné en 2013 par les Circuitos de Artes Plásticas de Madrid (2013) – l’un des prix les plus importants pour les artistes de moins de 35 ans en Espagne, par la Biennale de Bolivie en 2016, pour l’exposition collective Paz en las mesas? (2019) au Musée d’Art Contemporain de Bogota. Elle a également participé à la Hybrid Art Fair à Madrid (2017) et à Poppositions Art Fair (2016) à Bruxelles. «L’Attente » a été développée à Gijón dans le cadre de la Bourse AlNorte.

J’aime beaucoup les oeuvres monumentales!

J’ai d’ailleurs eu l’occasion de vous en parler ICI ou encore et même encore ICI.

J’ai donc hâte d’aller découvrir « l’Attente », ce que je ferai dès le premier jour d’exposition au public. (C’est à dire le 9 décembre). Et si vous suivez mes stories sur Instagram vous pourrez vous aussi découvrir comment Diana Velásquez a investi le Grand Palais.

À moins que vous n’y alliez vous-même? C’est jusqu’au 15 février.

L’attente

Diana Velásquez

Installation sur la Façade du Grand palais

9 décembre 2020 – 15 février 2021

accès : métro ligne 1 et 13 station «Champs-Elysées – Clemenceau» ou

ligne 9 station «Franklin D. Roosevelt»

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