On commence par une ambiance tamisée…

…puis les premières notes jouées par ce superbe accordéoniste qu’est Sébastien Debard.

On scrute une scène carrée ensablée, située légèrement en hauteur. Un homme sort de sous la scène et il commence à scander des mots.
Pierre-Yves Le Louarn incarne un homme pauvre qui parle un vieux français, un argot sommaire, le parisien du peuple.

Il est clair qu’on a du mal à se situer puis on commence à avoir des éléments.

On est aux abords de 1900 et il faut se dépêcher de se référer à cette période pour ne pas perdre le train en marche.
Effectivement, c’est un TGV que prend Pierre-Yves Le Louarn, il ne nous laisse en aucun cas profiter de ces mots et de ces maux.

Le soliloque est le discours d’une personne qui se parle à elle-même (peut-être trop ?).
L’univers de la rue n’est pas clairement exprimé à part une couverture et un carton alors que l’élément phare et qui aurait pu planter le décor arrive à la fin.

Pourquoi ne pas avoir jonché la scène de plusieurs installations de ce genre pour permettre au spectateur de se sentir happé par l’atmosphère ?
Je suis clairement resté sur le quai, admirant uniquement l’accordéoniste qui joue divinement bien et les moments où s’emporte Pierre-Yves Le Louarn.

Pierre-Yves Le Louarn - Les soliloques du pauvre de Jehan-Rictus

Pierre-Yves Le Louarn – Les soliloques du pauvre de Jehan-Rictus – Crédit Photo Franck Roncière

Rien à reprocher à la prestation de Pierre-Yves Le Louarn qui brille par son phrasé et sa façon d’incarner cet homme sans ressources. Mais cette ambivalence redondante entre le sexe et la religion m’a clairement perdu.
Peut être aussi par le fait qu’il s’écoutait trop ? Mais en même temps la schizophrénie de son personnage n’aide pas.

D’ailleurs n’hésitez pas à vous pencher sur la vie de Gabriel Randon de Saint Amand.
La modernité du costume et la mise en scène anachronique pêchent aussi dans cette pièce.
Pourquoi ne pas avoir exploité le côté cabaret car à vouloir trop intellectualiser on perd des spectateurs ?
Même si je suis passé à côté de ce spectacle, je ne peux m’empêcher d’avoir de l’affection pour l’auteur et le duo comédien/accordéoniste.

Un spectacle à voir ne serait-ce que pour découvrir l’univers de Jehan-Rictus.

Maxime Patrault

Article de  Maxime Patrault notre chroniqueur Cultu dont vous pouvez retrouver l’univers ICI

Infos pratiques

LES SOLILOQUES DU PAUVRE
Texte de Jehan-Rictus
Interprété par Pierre-Yves Le Louarn

accompagné par Sébastien Debard à l’accordéon

du 8 Jan 2019 au 9 fév 2019
du Mardi au Samedi à 21h30

Durée : 1h10
Théâtre Les Déchargeurs – 3 rue des déchargeurs – 75001 Paris

Réservations ICI

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