Camille Claudel se dédouble sur la scène du théâtre du Roi René à Paris

Le rideau s’ouvre!

Camille contre Claudel Hélène et Lola Zidi - Photo Zenitude profonde Le Mag

Camille contre Claudel – Hélène et Lola Zidi

Deux femmes, l’une très jeune – une vingtaine d’années – est pleine d’espoir(s), l’autre en à 79, et est désabusée car elle sait parfaitement ce que lui « a réservé » l’avenir…

Ces deux femmes se connaissent parfaitement – même si la plus âgée connait un peu mieux  la plus jeune – car elles ne sont en fait qu’une seule et unique personne : Camille Claudel.

Camille Claudel dont on se souvient comme la jeune muse de Rodin, devenue folle dévorée par sa passion…

Il eut été plus juste de se souvenir d’elle comme d’une artiste exceptionnelle à qui Rodin a tout pris: son art, son coeur…et jusqu’à sa raison.

Le décor est planté.

Il me reste à évoquer un autre point majeur de cette pièce : le jeu de ces deux formidables comédiennes que sont Hélène et Lola ZIDI (oui « fille et petite-fille de… »). Elles interprètent à merveille cette descente aux enfers pour l’une et cette espèce de constatation amère pour l’autre…

Camille contre Claudel Hélène et Lola Zidi - Photo Zenitude profonde Le Mag

Camille contre Claudel – Hélène et Lola Zidi – Photo Zenitude profonde Le Mag

Du grand théâtre!

Et puis j’allais oublier – et ce serait ô combien dommage – de vous parler du texte lui même, fabuleux, écrit par Hélène ZIDI.

Le texte est paru aux éditions DACRES au printemps 2017

Hélène ZIDI qui s’attaque là à un sujet de taille : le droit des femmes, en l’occurence celui d’une femme qui a eu l’audace de vouloir vivre pleinement ses deux passions, son amour pour Rodin et sa passion artistique.

Car s’il est vrai que Camille Claudel était certes amoureuse jusqu’à en devenir folle ce fut aussi et surtout une remarquable artiste.  Ce qui malheureusement, à cette époque, était juste intolérable.

Et Rodin, LE grand sculpteur, celui qui est passé à la postérité, LE MAÎTRE, censé enseigner, protéger, ouvrir les portes du succès, en faisant jouer ses relations… en un mot aider Camille …eh bien non!

Il l’enfonce, lui vole ses idées voire même ses oeuvres, il profite honteusement de son amour pour lui pour la trahir, la mener en bateau. Alors lorsqu’après une douzaine d’années à oeuvrer dans l’atelier du maître, Camille Claudel comprend qu’Auguste Rodin utilise son talent et ne l’épousera jamais (il n’a d’ailleurs jamais quitté sa précédente maîtresse Rose Beuret), elle le quitte.

Mais toutes les portes se ferment car essayer de devenir une artiste libre face à la misogynie de l’époque est plus que difficile, c’est impossible!

À cette époque, il convient davantage de se contenter de se faire belle que de vouloir vivre de son art… Camille l’apprend à ses dépends. Abandonnée de tous – y compris de sa propre famille- elle finira internée en hôpital psychiatrique.

Rodin c’est Gérard Depardieu ou plutôt c’est sa voix , reconnaissable entre mille. On l’imagine tellement bien dans ce rôle.

«J’avais le désir profond de donner la parole à Camille Claudel, cette femme entière, artiste surdouée qui a eu le malheur de chercher son authenticité dans son expression artistique, dans l’amour, dans un monde où tout n’était alors que convenances religieuses, sociales et familiales, où le rôle de la femme était clairement limité… Mon postulat était qu’elle revisite sa vie. De l’écouter. C’est ainsi que Camille, âgée,internée, réduite au silence, va interpeller la jeune Camille, talentueuse, encorefrivole, amoureuse, déjà rebelle et surdouée qu’elle était à l’âge de 20 ans…»  

Hélène ZIDI, actrice, metteuse en scène, adaptatrice, coach, directrice artistique du Théâtre Côté Cour, à Paris, et du Théâtre du Roi René, à Avignon.

Hélène et Lola Zidi sont belles, émouvantes, et ce texte – lui aussi remarquable – est un témoignage criant de l’injustice faite à cette grande artiste que fut Camille Claudel.

Je ne m’étendrai pas davantage sur Hélène et Lola Zidi car je leur consacrerai très bientôt un article dans la rubrique RENCONTRE AVEC….

En attendant je vous recommande vivement cette pièce qui se joue les jeudis, vendredis et samedis jusqu’au 15 décembre au Théâtre du Roi René – 12 rue Edouard Lockroy – Paris 11ème

Réservations ICI

Infos pratiques

CAMILLE CONTRE CLAUDEL

Une mise en scène d’Hélène Zidi 

Avec Hélène Zidi & Lola Zidi.

 du 18 Octobre au 22 Décembre

Reprise du 10 janvier au 9 février

au Théâtre du Roi René à Paris.

 

Assistant metteur en scène
GRÉGORY-ANTOINE MAGANA

étudiant comédien au Laboratoire de l’acteur, il se destine à la mise en scène et fait ses premières armes aux côtés d’Hélène Zidi.

Création Lumières
DENIS KORANSKY
Il signe des créations lumières pour des productions de théâtre et des productions musicales, en France et à l’international, et collabore notamment, en 2006, avec la Comédie française.

Concepteur décor
FRANCESCO PASSANITI
Signe les épreuves de Camille Claudel dans le spectacle. Depuis vingt ans, dans son atelier, il façonne la matière.

« Un atelier a des spécificités qui peuvent être la peinture, la sculpture, la céramique
ou toute autre discipline. Le point commun de toutes : les fruits qu’ils produisent, le partage de l’émotion par la maîtrise de la matière, révélatrice d’une sensibilité débordante qui, si elle ne sort pas de la tête de l’artiste, le rend fou ».
Celui de Camille Claudel devait être celui du règlement de comptes, celui ou il fallait rétablir une justice, celui de l’amour heureux et malheureux ! »

Chorégraphie
MICHEL RICHARD
Intègre en 2008 le centre de formation supérieure Epsedanse, dirigé par Anne-Marie Porras, à Montpellier. Professeur diplômé d’État, il a travaillé parallèlement avec les chorégraphes Thierry Verger, Julie Magneville et Nathalie Moyen.
Costumes
GABRIEL MARC
Formé à l’atelier Chardon Savard, il parfait son apprentissage à la Chambre syndicale de la couture parisienne, où il développe sa technique et sa connaissance de l’histoire du costume. Il intègre la formation du Laboratoire de l’acteur, démarche qui
lui permet d’aborder le lien entre le jeu de l’acteur et la matière.
Création sonore
VINCENT LUSTAUD
Sonorisateur de spectacles vivants et de concerts.
C’est en 2009 que sa rencontre avec Éric Métayer va l’amener au théâtre afin de réaliser la bande-son des 39 Marches, au Théâtre La Bruyère. S’en suivront Les Chatouilles, d’Andréa Bescond.

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