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Difficile de ne choisir que 5 expositions en cette période de rentrée où les évènements culturels se multiplient...

Mais je vous avais déjà expliqué dans cet article, la raison pour laquelle je me limite désormais à 5 expositions (quitte à consacrer un article à certaines d’entre elles, un peu plus tard lorsque je les aurai moi-même découvertes de façon plus approfondie).

1. Mon premier coup de cœur: Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat à la Fondation Louis Vuitton.

Depuis son ouverture en Octobre 2014 , la Fondation Louis Vuitton nous a habitués à des expositions grandioses!

Pour ne pas changer, celle de cet automne – et qui se tiendra jusqu’au 14 janvier 2019 – sera exceptionnelle!

Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat

Ces deux présentations s’inscrivent dans l’une des quatre lignes de la Collection de la Fondation Louis Vuitton: la vision subjective et expressionniste de l’artiste.

Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat sont aujourd’hui, au XXIe siècle, de véritables “icônes” de l’Art Moderne et contemporain.

Disparus beaucoup trop tôt – à 28 ans – l’âge où la plupart des jeunes gens s’ouvrent à la vie d’adulte, ces deux grands artistes ont tous les deux laissé une oeuvre phénoménale.

Deux parcours différents pour ces expositions.

Un contexte propre à chacune.

EGON SCHIELE

Egon Schiele_ Autoportrait debout avec un gilet

Pour Schiele, la Vienne 1900

Capitale de l’empire austro-hongrois, foyer intellectuel et artistique de premier plan, marqué par la Sécession, le Jugendstil et la naissance d’une modernité intellectuelle et artistique bouillonnante…

L’exposition rassemble quelque 120 œuvres – dessins, gouaches et quelques peintures – sur plus de six-cents mètres carrés, dans les galeries du rez-de-bassin (Galerie 1).

Elle s’ordonne chronologiquement en quatre salles autour de la notion de ligne et de son évolution dans l’œuvre de l’artiste. Dieter Buchhart explique ainsi son parti-pris : « Très rares sont les artistes qui ont abordé la ligne et le dessin avec autant de virtuosité et d’intensité que Schiele. […] 

« J’arriverai à un point où l’on sera effrayé par la grandeur de chacune de mes œuvres “vivantes” » écrit Schiele. 

En rupture avec le système académique, il refuse les modèles antérieurs, pour lui, « il n’existe pas d’art moderne, seulement un art éternel »*.

JEAN MICHEL BASQUIAT

Basquiat-

Jean-Michel Basquiat Dos Cabezas 1982 Acrylique et crayon gras sur toile montée sur châssis en lattes de bois croisées. 152,4 x 152,4 x 2,54 cm. Collection particulière © Estate of Jean-Michel Basquiat. Licensed by Artestar, New York. Photo : © Robert McKeever

Jean Michel Basquiat, lui, évolue dans le New York du début des années 1980…

C’est donc en premier lieu sur ses murs que le jeune artiste révélera son art,  s’appropriant rapidement sa culture urbaine downtown. 

Tout comme Egon Schiele, Jean Michel Basquiat affichera lui aussi très tôt sa volonté de bouleverser l’ordre établi.

Jean-Michel_Basquiat_Anthony_Clarke_1985_zenitudeprofondelemagJean-Michel  Basquiat Anthony Clarke 1985

Profondément hors normes, ses œuvres, symboles de son refus des canons établis, font aujourd’hui partie des plus recherchées dans le monde de l’Art…

L’œuvre de Jean-Michel Basquiat, l’un des peintres les plus marquants du XXe siècle, se déploie dans quatre niveaux du bâtiment de Frank Gehry.

L’exposition parcourt, de 1980 à 1988, l’ensemble de la carrière du peintre en se concentrant sur plus de 135 œuvres décisives.

À l’image des Heads de 1981-1982, pour la première fois réunies ici, ou de la présentation de plusieurs collaborations entre Basquiat et Warhol, l’exposition compte des ensembles inédits en Europe.

Des travaux essentiels tels que Obnoxious Liberals (1982), In Italian(1983) ou encore Riding with Death (1988), et des toiles rarement vues depuis leurs premières présentations du vivant de l’artiste, telles que Offensive Orange (1982), Untitled (Boxer) (1982), et Untitled (Yellow Tar and Feathers) (1982).

basquais_untitled_boxer

Untitled (Boxer)  Jean-Michel Basquiat (1982)

Comme le note Suzanne Pagé, « À travers la permanence de la figuration, ces deux œuvres d’une rare intensité traduisent d’une façon fulgurante et irréductible une profonde détresse, très incarnée, par un trait particulièrement percutant. Chez Schiele, une ligne distordue et torturée pose des interrogations inquiètes et ose dire la sexualité crue à travers une introspection implacable et le regard sans bienveillance qu’il pose sur luimême et ses modèles auxquels il s’identifie ; partout présent s’impose aussi le pressentiment du tragique.

Chez Basquiat, un trait irrigué d’une impulsion juvénile et porté par une véritable rage se donne pour mission d’imposer la présence de la figure noire, suite au constat douloureux que fait l’artiste de son absence dans le monde de l’art, et des musées notamment. »

Avec Egon Schiele, c’est la première fois que la Fondation Louis Vuitton dédie une monographie à un artiste « historique ».

C’est aussi la première fois qu’elle propose une exposition de cette ampleur consacrée à un unique artiste, Jean-Michel Basquiat, par ailleurs très présent dans sa Collection.

Ainsi, la Fondation signifie, une nouvelle fois, sa volonté d’ancrer son engagement pour la création actuelle dans une perspective historique.

INFOS PRATIQUES
Jean-Michel Basquiat
Egon Schiele
Exposition du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019
FONDATION LOUIS VUITTON
8, Avenue du Mahatma Gandhi
Bois de Boulogne – 75116 – Paris
Tel :+33 1 40 69 96 00

 

2. Cinq artistes phares du monde arabe à H Gallery.

Héla Ammar, Henda I (Body Talks), 2018, photographie numérique, 110 x 90 cm

Rarement présentés en France : Adel Abidin (Irak), Ahaad Alamoudi (Arabie saoudite), Hela Ammar (Tunisie), Ali Cha’aban (Liban) et Moataz Nasr (Egypte) s’exposent pour In Your Mind.

Olfa Feki, l’une des curators de la Seconde Biennale des Photographes du Monde arabe a été invitée par H Gallery, à être la commissaire de l’exposition de la rentrée 2018. Elle présente les raisons du choix des cinq artistes:

« Nous avons tous été éduqués selon un système cognitif limité, basé sur l’identité sociale et l’appartenance à un certain groupe, à une certaine catégorie et à un territoire bien déterminé. Nous avons tous été éduqués à classer l’autre selon des stéréotypes rigides, parfois consensuels. Nous avons grandi avec des préjugés et des clichés sur le monde environnant qui modifient progressivement notre comportement, aussi bien lorsque nous sommes en dehors de nos zones de confort que lorsque nous sommes l’abri, seuls face à nous-même. Plus le monde évolue, plus les paradoxes identitaires se croisent, se cassent et plus la société forge des individus en quête de repères. Nous nous retrouvons aujourd’hui tiraillés entre ceux qui s’attachent à ce qu’on leur a appris, parfois par peur de l’Autre, et ceux qui essayent de faire naître leur identité singulière, au milieu de politiques sociales contraignantes.

Suite aux conflits, aux guerres et à la naissance des empires coloniaux, le monde a été divisé en plusieurs zones. Une de ces zones pris le nom de « Monde Arabe ». Une division purement stéréotypée, réduisant au fur et à mesure l’Autre à un « non-musulman », celui qui ne parle pas l’arabe et qui ne connaît pas les mouvements de la danse du ventre. Ces connotations sont la cause de conflits perpétuels entres les nations, arabes ou non.

Ali Cha’aban, The Broken Dream II, 2018, sérigraphie sur tapis persan, 170 x 220 cm, Courtesy Hafez Gallery, Djeddah

Ali Cha’aban, The Broken Dream II,
2018, sérigraphie sur tapis persan, 170 x 220 cm, Courtesy Hafez Gallery, Djeddah

Nous nous retrouvons aujourd’hui confrontés à des complexités identitaires, qui cherchent à exister ou à naître en dehors de la perception que l’on peut en avoir, à travers le corps, les récits, les interprétations irrationnelles pour certains et même imaginaires et irréalistes pour d’autres. Nous ne pouvons plus parler d’une identité construite ou culturelle. Le monde bouge et les gens changent, par conséquent, leur identité aussi.

Entre une liberté perçue au loin, que l’on ne peut atteindre – l’audace d’un corps qui s’affranchit, une perception ironique de sa structure sociale – l’image reste-t-elle un moyen subtil d’exprimer une identité voulue ? Refoulée ? Imaginée ? Ou juste enviée ? » Olfa Feki

 

3. A l’Espace Beaurepaire, les nouvelles œuvres de DOMINIQUE LEBRUN

Une réappropriation très personnelle d’affiches de cinéma vintage…

Scine (2017) Crédit Photo : Jean-Philippe Laraque Affiche de cinéma | Movie poster – H115 x 81 cm

Scine (2017) Crédit Photo : Jean-Philippe Laraque Affiche de cinéma | Movie poster – H115 x 81 cmSi vous voulez les voir, programmez vite votre visite car cette exposition ne dure que quelques jours…

Exposition Dominique Lebrun
4-9 septembre, 2018 de 13:00 à 21:00
Espace Beaurepaire
28, rue de Beaurepaire, 75010 Paris
www.espacebeaurepaire.com

4. Art Brut Japonais II

Depuis 1986, la Halle Saint Pierre est le centre culturel parisien de l’art brut et de l’art singulier.

Grâce à l’exposition Art brut et compagnie en 1995, une première en France, la Halle Saint Pierre installe sa réputation de musée expérimental et précurseur. Elle n’a cessé depuis de présenter au public des collections d’avant-garde, un regard profond et réflexif sur l’art populaire contemporain.

«En 2010, la Halle Saint Pierre présentait l’exposition Art Brut Japonais et permettait au grand public de découvrir 63 artistes (totalement inconnus pour la plupart d’entre eux) et plus de mille œuvres.

Huit ans après le grand succès du premier volet, à l’occasion du Tandem PARIS-TOKYO, la Halle Saint Pierre présente le deuxième opus de l’exposition «Art Brut Japonais II

Une cinquantaine de créateurs, inventant leur propre mythologie et leur propre langage figuratif, issus d’ateliers ou œuvrant de façon autonome et indépendante.

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Ichiro OKA, Dents, Aquarelle, crayon sur papier, 54 x 38 cm Collection de l’artiste

Ichiro OKA, Dents, Aquarelle, crayon sur papier, 54 x 38 cm Collection de l’artisteIls utilisent toutes les techniques, tous les matériaux, détournant même les codes les plus traditionnels de la céramique ou de l’origami.

Yoshi TAKAHASHI, Homme à la corde, 2001, Encre sur papier, 39 x 54 cm,
Collection de la famille de l’artiste

Les œuvres présentées dans l’exposition sont le fruit de nouvelles prospections, apportant la démonstration que les ouvrages d’art brut sont, comme le notait Jean Dubuffet « l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions ».

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La Halle St Pierre, plus qu’un centre d’art, est un lieu de vie où se croisent artistes, collectionneurs, amateurs ou simples visiteurs qui échangent idées, points de vue et informations critiques. Elle s’articule autour d’expositions temporaires, d’une librairie et d’un café.

De multiples activités culturelles et pédagogiques contribuent au travail de médiation autour de l’art brut : présentations d’artistes singuliers qui ne bénéficient d’aucun réseau de diffusion, festivals de films, soirées poétiques et littéraires, conférences et débats, salon des petites maisons d’édition, animations jeune public…

Pôle incontournable de la Halle, la librairie est spécialisée dans les écrits de l’art et participe chaque année à l’Outsider Art Fair.

INFOS PRATIQUES
ART BRUT JAPONAIS II
Du 8 septembre 2018 au 10 mars 2019
Commissaire de l’exposition : Martine Lusardy  
Commissaire de l’exposition au Japon : Mizué Kobayashi
HALLE SAINT PIERRE
2, rue Ronsard – 75018 Paris M° Anvers (2) / Abbesses (12)
Ouvert tous les jours
Semaine de 11h à 18h / Samedi de 11h à 19h / Dimanche de 12h à 18h
Expositions temporaires : plein tarif : 9 € / tarif réduit : 7 €

5. Dernière expo et pas des moindres qui fera probablement l’objet d’un article courant novembre : Caricatures Hugo à la une.

Honoré Daumier, « Souvenirs du Congrès de la Paix » Le Charivari, 6-10 septembre 1849

Un front immense, les cheveux tirés en arrière, l’air altier et batailleur, les dessinateurs ont vite fait de saisir les principales caractéristiques de Victor Hugo, reprises de dessin en dessin par tous les auteurs.

Poète, romancier, homme de théâtre et, à partir de 1848, homme politique, Victor Hugo a en effet fait l’objet d’innombrables caricatures.

J. Blass, Victor Hugo, Binettes, Le Triboulet, 6 mars 1881

L’exposition en dévoile 180, toutes issues des collections du musée, ayant pour la plupart été publiées « à  la Une » entre 1830 et 1885.

Un parcours chronologique particulièrement intéressant tant sur le plan pictural que sur la valeur de témoignage historique de ces caricatures.

 

 

INFOS PRATIQUES
Caricatures Hugo à la une
Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges – 75004 Paris
Plein tarif : 8 euros
Tarif réduit : 6 euros
Visites conférences de l’exposition les mercredis et samedis à 16h

Alors dites-moi, de vous à moi, laquelle vous tente le plus ?

(moi c’est sans aucune hésitation – et sans grande surprise pour qui connaît un peu mes passions – celle de la Fondation Louis Vuitton mais j’irai avec plaisir aux 4 autres qui – vous vous en doutez puisque je les ai choisies – m’inspirent également beaucoup)

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