« En Culture, peut-on faire court ? »

Parce que promouvoir et diffuser la culture a toujours été l’ambition des Espaces Culturels E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc et les Espaces Culturels Leclerc ont souhaité créer un rendez-vous trimestriel pour débattre et réfléchir ensemble autour des grandes questions qui agitent la Culture.

J’ai eu la chance d’être conviée au second rendez-vous culturel, qui s’est tenu au Quartier Latin, à l’Atelier Maitre Albert et dont le thème était « En Culture, peut-on faire court? »

Après un accueil autour d’un apéritif fort agréable, nous avons été invités à nous rendre dans une salle chaleureuse où, réchauffés par les flammes d’une magnifique cheminée, étaient réunis autour de Frédéric Taddéï, des acteurs du monde de la culture.

Johann Ferry-Dély, Isabelle Pléplé, Olivier Barrot, Coline Debayle ©Zenitude Profonde Le Mag

L’enjeu était de taille

En effet, si une partie des invités se faisait les défenseurs « formats courts » d’autres y étaient décidément fortement opposés. Comment pourrait-on se satisfaire d’un résumé, d’un format réduit face à l’oeuvre dans son intégralité?

Michel Edouard Leclerc, pour sa part, en passionné de culture a développé son point de vue, sans détours, en évoquant sa propre expérience. Selon lui, si certains romans ne sauraient être « résumés » en quelques pages, d’autres souffrent de longueurs qui incitent le lecteur à les abandonner au bout de quelques pages.

Alors faut-il pour autant condenser les romans… ou pas?

ISABELLE PLEPLE Co-fondatrice de Short Editions

Isabelle Pléplé co-fondatrice de la Start Up Short Editions – concept innovant parfaitement décrit dans cet article du blog Tu PARIS Combien? – a expliqué pourquoi selon elle, le format court n’a pas vocation a prendre la place du format classique mais il s’agit bien de faire cohabiter les deux.

 

Cette borne de Short Editions vous propose de lire au choix une histoire d’1 minute, de 3 minutes ou de 5 minutes…

Compléter l’offre culturelle en proposant des textes bien écrits, qui peuvent être lus en 1, 3 ou 5 minutes pourrait être une option invitant ainsi les usagers à diversifier leurs entrées dans la culture.

Il est évident que la lecture d’un texte auquel on sait que l’on consacrera 1 ou 3 minutes ne demande pas la même mise en condition (concentration, installation, environnement) que celle requise si l’on se plonge dans la Recherche du Temps Perdu ou dans Cent Ans de Solitude!

MAIS comme nous l’a fort bien exposé Coline Debayle la jeune co-fondatrice de Artips, ne vaut-il pas mieux tenter d’amener les non initiés (au lieu d’abandonner définitivement tout espoir de les voir mettre un pied dans un musée) à découvrir l’art via une anecdote-accroche, quitte à inviter à en découvrir davantage via des liens biens choisis?

Olivier BARROT, écrivain et journaliste et Coline DEBAYLE co-fondatrice d’Artips

Frédéric Taddeï en sait quelque chose, lui qui était à l’origine de cette émission D’Art D’Art qui en 5 minutes vous décortique un tableau et vous en dévoile les caractères principaux.

Les échanges se sont poursuivis pendant un peu plus d’une heure.

Magali MONTOYA – Michel Edouard LECLERC – Frédéric TADDEI ©zenitude profonde le mag

Magali Montoya – dont la fameuse mise en scène de La Princesse de Clèves a fait couler beaucoup d’encre – avait bien évidemment à coeur de défendre les « formats longs ».

Restituant sur les planches dans sa quasi intégralité et ce pendant 8 heures, ce classique du XVIIe siècle français Magali Montoya nous a expliqué la raison pour laquelle lors de ses nombreux entretiens préliminaires avec les 6 actrices qui interprétaient les rôles, il leur a paru évident que ce spectacle ne saurait être amputé de la moindre phrase, voire du moindre mot!

Et nous revoilà plongé dans l’antithèse, avec Johanna Ferry-Dély directrice de la communication à la CPU et porte parole de « Ma thèse en 180 secondes »

Ma thèse en 180 secondes, que je ne connaissait pas je l’avoue humblement, permet aux doctorants de présenter leur sujet de recherche, en français et en termes simples, à un auditoire profane et diversifié. Chaque étudiant ou étudiante doit faire, en trois minutes, un exposé clair, concis et néanmoins convaincant sur son projet de recherche. Le tout avec l’appui d’une seule diapositive !

Johanne Ferry Dely (à gauche)  & Isabelle Pléplé (à droite)

Bref le débat était passionnant comme peuvent l’être ces échanges entre interlocuteurs brillants, respectueux les uns des autres et tenant des propos de qualité.

Quel plaisir de les écouter argumenter sans animosité ni la moindre condescendance faisant preuve au contraire de ce respect de l’autre qui est l’apanage de ceux qui … réfléchissent (m’autoriserai-je à dire « ceux qui sont intelligents? »)

Bref, je ne saurais vous décrire le plaisir que j’ai eu à assister à ce débat (et il me tarde de recevoir le thème du prochain!).

Quand je pense qu’il a été dit tellement de sottises lorsque, vers la fin des années 90, Michel Edouard Leclerc a ouvert ses Espaces Culturels une porte ouverte, aux dires de certains, vers une sous démocratisation de la lecture et la disparition des « vraies » librairies…

J’ai récemment retrouvé une interview où Michel Edouard Leclerc expliquait : «L’idée des Espaces nous est venue suite à un échange avec Jack Lang, qui m’avait assuré qu’il fallait choisir entre la défense de Goethe et celle des supermarchés. Et non justement!»

Aujourd’hui non seulement il permet l’accès à la culture au plus grand nombre (c’est le deuxième distributeur de produits culturels derrière la Fnac) mais en plus il est l’instigateur de débats dont la culture est le sujet principal … Comme quoi…

Michel Edouard Leclerc En culture peut-on faire court?
Michel Edouard Leclerc Président des Centres E. Leclerc

 

Merci Monsieur M. E Leclerc et surtout ne changez rien!

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