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Ce livre est un must! À lire et à offrir!

Non seulement il m’a beaucoup intéressée,mais il m’a permis de découvrir la Collection OLD’UP – Inventer sa vieillesse des Éditions In Press. 

Cette maison d’édition publie des bouquins de psychologie, psychanalyse, développement personnel… topissimes!

En général écrits par des spécialistes (psychanalystes, psychologues…) ces livres abordent – de façon accessible (je n’aime pas le terme « vulgarisation » souvent employé pour dire que l’on met un sujet « pointu » à la porté des non-spécialistes) des sujets de société.

Sujets comme l’adolescence (Ces ados qui jouent les casse-cou), ou l’apprentissage scolaire (Garçons et fille face aux apprentissages) qui nous concernent tous à un moment ou à un autre.

Leur prochain livre L’Art de vieillir ne devrait pas tarder à sortir. Je vous en parlerai certainement avant l’été.

Mais OLD’UP (littéralement: Vieux debout) n’est pas seulement le nom de la Collection des Editions In Press dirigée par Philippe Gutton et Marie Françoise Fuchs.

C’est aussi le nom d’une association qui s’adresse aux « plus si jeunes mais pas si vieux » et qui a pour but depuis sa création en 2008 de «DONNER DU SENS ET DE L’UTILITÉ A L’ALLONGEMENT DE LA VIE». 

Je vous invite d’ailleurs à découvrir leur page Twitter pour rester informés de leurs activités.

Car à mon avis, « plus si jeunes mais pas si vieux » on est en plein dedans non ?

Mais revenons à notre ouvrage: LES NOUVEAUX VIEUX SONT ARRIVÉS

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L’auteur(e) Frédérique Savona-Chignier, conservatrice à la Bibliothèque Nationale de France a récemment choisi de se former au métier d’ingénieur social (je vous rassure j’ignorais moi-aussi l’existence de ce métier!). Elle a publié dans « sociologies pratiques « Old’up vers de nouvelles politiques de la vieillesse et participé à l’ouvrage collectif « Comment l’esprit vient aux vieux – Penser et vivre un vieillissement durable, paru chez Eres en 2016.

Pour écrire LES NOUVEAUX VIEUX SONT ARRIVES, elle a observé et interrogé plein de vieux. Puis dans un même temps, analysé et décodé leurs réponses et leurs comportements. Le tout avec une empathie qui lui a  permis de les mettre en confiance.

Pourquoi s’intéresser à ces « vieux » alors qu’elle même est bien loin de cet âge?

Il s’agit avant tout de mener une démarche dans le but de donner un sens à l’allongement de la durée de vie. Mais avant – ou pendant – que l’on oeuvre dans ce sens il faut comprendre la situation actuelle, analyser les évolutions de la société des dernières décennies, comprendre ce qui se passe. Savoir comment et pourquoi cette population de plus en plus importante est relativement mise à l’écart.

Un livre en trois parties

Partie 1. Départ pour l’Old’Upie

J’évoquerai plus particulièrement le second et le quatrième chapitres mais tous m’ont beaucoup intéressée.

Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de vous en dévoiler les titres:

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 «La Vieillesse n’est qu’un mot»…  Pourquoi ai-je choisi ce chapitre plutôt qu’un autre?

Parce que j’en suis moi aussi convaincue!

Parce que dire de quelqu’un qu’il est vieux ne veut en réalité rien dire! 

Et c’est pourtant un qualificatif chargé d’une connotation tellement négative (même lorsqu’elle est contrebalancée par l’association avec l’idée de sagesse…). D’ailleurs chacun essaie de repousser le plus possible le moment fatidique où il basculera dans la catégorie « senior » (façon élégante de qualifier les vieux aujourd’hui).

En gros, on vit plus longtemps, donc la population vieillit mais paradoxalement personne n’est vieux! 

L‘âgisme  est une expression apparue en 1989 dans le Petit Larousse désignant l’attitude visant à critiquer les individus du fait de leur âge.

Tout comme le racisme, l’âgisme reproche à une partie de la population – les vieux en l’occurence- d’être vieux. Mais comment se manifeste donc le fait d’être vieux? Que reproche-t-on exactement aux vieux?

Parce que «contrairement aux sourds qui n’entendent pas, ou aux aveugles qui ne voient pas, les vieilles personnes ne présentent pas forcément les attributs qu’on leur prête… Autrement dit,  les  « stigmates » liés à l’âge ne sont pas une manifestation de la vieillesse…» p. 44

« Septuagénaires », « octogénaires », « troisième âge » ne sont que des mots …dont aucun ne permet de comprendre ce qu’est la vieillesse. De ce fait, la vieillesse échappe à toute définition…puisqu’elle diffère selon les gens, les aires géographiques, les cultures…

Ne vous avais-je pas dit que ce livre ouvre des débats intéressants?

J’évoquerai juste de façon très succincte, les chapitres IV et VI que j’ai beaucoup appréciés mais il faut vraiment prendre le temps de lire cet ouvrage et vous le résumer serait vous priver d’une lecture de grand intérêt.

Chapitre IV : Et maintenant je fais quoi d’autre?

«A 80 ans, quand vous avez perdu le contact avec les autres, quand vos enfants sont partis, quand votre mari souvent est mot, vos amis aussi, c’est un peu avec la télé que ça se passe. Vous perdez l’habitude de faire marcher votre cerveau et du coup vous parlez en boucle (…) Je pense qu’une association comme OLD’UP est très importante… si ça permet aux gens âgés de lâcher cette image d’eux-même très dévalorisante que tout le monde y compris les enfants et même les maris leur colle dessus…» confie Paule à Frédérique dans un café de la place de l’Odéon p.58 

La démarche d’OLD’UP est une mine précieuse pour tout acteur impliqué dans la question du vieillissement. Et nous sommes tous aujourd’hui impliqués dans la question du vieillissement…

Puisqu’il faut bien vieillir… (Chapitre VI)

Mais d’abord que signifie « bien vieillir »?

Marie-Claire en a assez des injonctions du « bien-vieillir »! Alors comme ça on aurait le « devoir » de rester jeune? Avec force articles dans la presse spécialisée « seniors » qui expliquent comment garder ses capacités cognitives et physiques, avoir des projets, sortir, bouger, avoir une vie affective…  Avec un niveau de vie qui dépasse de 5% celui de la population globale, les retraités sont la proie des marques et autres services de loisirs…

Le véritable « bien vieillir » doit rester la propriété de ceux qui sont concernés sans qu’ils soient obligés de travestir leur existence.  

Quand un livre m’intéresse, j’ai tendance à lire tout haut certains passages pour en faire part à mon entourage (enfin dans un cercle intime, je ne me mets pas à déclamer dans l’autobus, rassurez-vous).

Lors de ma dernière escapade en Espagne, comme chaque phrase me « parlait », je n’ai pas manqué de le faire. Il m’arrivait de lire des pages entières des « Nouveaux Vieux sont arrivés ». à mon amie (quinqua comme moi) qui me répondait « Oui mais tout ça on le sait bien! »

« Certes, lui rétorquais-je, cela va de soi mais ça va mieux en le disant! D’ailleurs, tu verras, je te le prêterai! »

Seconde partie : «l’OLD’UPIE OU LE FIL DE SOI»

Cinq chapitres qui suivent le fil de l’évolution des états d’âmes du nouveau vieux.

Prenons l’exemple de ce  » jeune » retraité. Une fois passé(e)s les quelques jours/semaines d’euphorie du(e)s au départ tant attendu à la retraite, il se retrouve un peu (voire beaucoup) paumé. C’est là que l’on se rend compte d’une chose: à quel point on se définit par son statut professionnel (qui souvent détermine d’ailleurs le statut social mais nous entrons là dans un autre débat… )

Pas étonnant que certains s’accrochent à leur travail bien après l’âge de la retraite. Et pas seulement pour des raisons financières.!

Tout ceci est mis en mots dans le chapitre qui évoque la « PERTE DE SOI ». 

Pas facile de passer du jour au lendemain du statut de médecin, d’avocat, d’Ingénieur, de PDG ou de cordonnier à celui de Monsieur Dupont, retraité…

Du coup – et surtout si l’on a encore cette énergie cognitive et physique préconisée par ce fameux « bien vieillir » évoqué précédemment –  il semble impératif de se « RECOMPOSER UNE IDENTITÉ AU FUTUR COMPOSÉ » …

On passe par un « APPRENTISSAGE DE LA VIEILLESSE » puis par le «« JE » EST UN AUTRE» pour finir par trouver  «LE FIL DE SOI» 

Et, entre témoignages et anecdotes, chacun des chapitres de cette seconde partie nous présente ces étapes de l’entrée dans cet univers des « Nouveaux Vieux » auxquelles nous sommes ou serons confronté(e)s à plus ou moins long terme.

J’ai délibérément choisi de ne rien vous dévoiler de la troisième et dernière partie: «L’OLDUPIE, TERRE D’AVENIR?» Je peux juste vous dire que moi je l’ai lue avec tout autant d’intérêt que les deux précédentes.

Trois derniers chapitres qui vous mèneront à un épilogue dont j’aime beaucoup le titre : «POUR NE PAS CONCLURE».

Exactement les mots qu’il faut pour inciter à continuer la route sur ce chemin de l’OLDUPIE ?

Pourquoi j’ai aimé ce livre?

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D’abord parce qu’il m’a semblé à la fois vrai (témoignages livres) et « boostant » (j’ignore si ce mot existe mais c’est celui qui exprime parfaitement ma pensée!).

Alors oui on vieillit de façon inéluctable, non on ne veut pas rester jeune à tout prix (et de toutes façons on ne peut pas!), oui il arrive tôt ou tard que l’on soit confronté à la maladie, la dépression, la dépendance … mais en attendant, on se lève (OLD’UP !) et on essaie de profiter de tout ce que la vie peut encore nous offrir.

Infos pratiques
LES NOUVEAUX VIEUX SONT ARRIVES
Frédérique SAVONA-CHIGNIER
Collection OLD’UP
dirigée par Philippe GUTTON et Marie-Françoise FUCHS
EDITIONS IN PRESS
Prix conseillé 15€
ISBN: 978-2-84835-440-8

 

Crédits Photos: Zenitude Profonde Le Mag

 

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